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Suzanne Antoine,
Les français ont déjà réalisé que
la peau foncée n'est pas une raison pour abandonner sans
recours un être humain aux caprices d'un persécuteur.
Peut-être finira-t-on un jour par s'apercevoir que le nombre
de jambes, la pilosité de la peau ou l'extrêmité de
l'os sacrum sont des raisons tout aussi insuffisantes d'abandonner
une créature sensible au même sort. [..] Jeremy Bentham,
Je me souviens affreusement
d'une tigresse qui avait un tigrillon nouveau-né. Dans sa cage
rectangulaire, rien ne la protégeait contre l'offense des
regards. Point d'ombre, point de niche, point de paille, point
de retrait pour allaiter et chérir. De droite à gauche,
de gauche à droite, sans repos, elle portait entre ses mâchoires
son petit, aveugle encore, qui a fini par en mourir. [..] Colette,
Depuis une quinzaine d'années, l'ethnologue prend davantage conscience que les problèmes posés par les préjugés raciaux reflètent à l'échelle humaine un problème beaucoup plus vaste et dont la solution est encore plus urgente : celui des rapports entre l'homme et les autres espèces vivantes ; et il ne servirait à rien de prétendre le résoudre sur le premier plan si on ne s'attaquait pas aussi à lui sur l'autre, tant il est vrai que le respect que nous souhaitons obtenir de l'homme envers ses pareils n'est qu'un cas particulier du respect qu'il devrait ressentir pour toutes les formes de la vie. Claude Lévi-Strauss,
Ce qu'on peut critiquer, c'est cette prééminence exclusive donnée à l'homme, car cela implique tout le reste. Si l'homme se montrait plus modeste et davantage convaincu de l'unité des choses et des êtres, de sa responsabilité et de sa solidarité avec les autres êtres vivants, les choses seraient bien différentes. Ce n'est peut-être qu'un espoir. Théodore
Monod, L'animal, quel qu'il soit,
a droit au respect. La nature est insultée par les ours bicyclistes,
les éléphants équilibristes, les tigres écuyers
et les chimpanzés fumeurs de pipe. [..] Jean-Claude
Nouët,
Il est vrai, par conséquents,
que les femmes n'existent pas pour servir les hommes, ni les Noirs
pour servir les Blancs, ni les faibles pour servir les forts. La
philosophie des droits des animaux non seulement accepte ces vérités,
plus, elle les met en avant et les justifie. Mais elle va plus
loin. Thomas Regan,
Notre principe fondamental est maintenant clair : si les "droits" existent, et le sentiment, comme l'expérience, prouvent qu'ils existent, on ne peut logiquement les attribuer à l'homme et les refuser à l'animal, puisque, pour l'un comme pour l'autre, ils sont la manifestation d'un même sentiment de justice et de compassion. Henry Salt,
Albert Schweitzer,
Peter Singer,
Des barbares saisissent ce
chien, qui l'emporte si prodigieusement sur l'homme en amitié ;
ils le clouent sur une table, et ils le dissèquent vivant
pour en montrer les veines mésaraïques. Tu découvres
dans lui tous les mêmes organes de sentiment qui sont dans
toi. Voltaire,
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