Etude sociologique personnelle réalisée dans le cadre d'une unité d'enseignement du CNAM

Cette petite étude n'engage que son auteur

On dénombre dans le monde, un milliard de chiens et de chats ! La France demeure le premier pays d’Europe quant au nombre d’animaux familiers, 8,7 millions de chiens, 9,6 millions de chats ( source 2003 : Facco/Sofres ). Au rang mondial, elle est le deuxième pays derrière les Etat-Unis d’Amérique. Aujourd’hui, un foyer sur deux en fait l’acquisition. Les bonnes raisons ne manquent pas et peu de parents y échappent. Source d’intérêt grandissant, l’animal s’invite dans les familles. Chaque membre peut vous parler de son « toutou » ou de son « minou » pendant des heures. Les éloges tarissent rarement. Le nombre d’élevages de race répertoriés montre l’engouement réel des familles pour l’achat d’un animal domestique. Elles associent leur choix à celui du caractère animal. Les industriels diversifient leur productions tous azimuts. L’alimentation est devenue diététique, les jouets sont étudiés scientifiquement, une véritable croisade pour le plus grand bonheur des enfants et des adultes. Cette imagination fertile des entreprises et cette frénésie des familles à vouloir a tout prix le « chaînon manquant » permet de penser que l’animal modifie son environnement, mais de quelle manière ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Le jour, la nuit des promeneurs déambulent le long des trottoirs. Le plus souvent à l’aube ou au crépuscule, ils sortent en compagnie de leur animal domestique. Par tous les temps des individus de race, de sexe, d’âge différent, arpentent le bitume, sillonnent les rues, empruntent des chemins forestiers ou participent à des compétitions. Les portes s’entrouvrent à trois heures du matin, les grilles grincent dès le retour du propriétaire à la maison pour faire sortir toutou.
Dans les magasins spécialisés, la famille tombe d’accord ou se déchire pour prendre une décision sur le nouveau venu. Qui du chat, du chien, de l’oiseau… va rejoindre la communauté ? Les courses au supermarché changent de nature au moment du choix des jouets, de l’alimentation, de l’habitat pour l’animal. La famille se concerte sur l’achat cornélien. Les bienfaits ludiques de l’objet sont ils adaptés ? Les éléments énergétiques suffisent -ils pour la bonne forme physique du sujet ?
Les réservations pour les vacances sont fonction de la disponibilité des hôtels, campings ou restaurants à accepter les animaux. L’emploi du temps s’articule entre les différents membres du clan familial et le chien, le chat, le poisson, le lapin… Les tâches diverses comme les rendez-vous chez le vétérinaire, les repas, les soins quotidiens se répartissent au sein du couple.
La télévision diffuse des émissions sur les mésaventures familiales après l’arrivée d’un animal. Les péripéties des familles sont exploitées par des psychologues, sociologues, comportementalistes…

 

 

 

 

 

 

L’influence d’un animal dans la famille


L’arrivée de l’animal

Les parents prennent- ils la décision de l’acquisition d’un animal domestique ?
Pourquoi la famille décide t-elle d’adopter ou d’acheter un animal ?
L’arrivée de l’animal est -elle imposée ou souhaitée ?
L’arrivée est- elle un évènement ?
Peut- on considérer l’arrivée comme une naissance ?
La symbolique est- elle différente ?
La forme de la famille a t-elle une importance dans le choix de l’animal domestique ?
L’animal est- il petit ou adulte à son arrivée ?
Quel est l' intérêt d’acquérir un animal ?

La place de l’animal dans la famille et ses conséquences

L’animal prend- il la place de quelqu’un dans la famille ?
La famille s’est elle modifiée ?
A-t-il une pièce, un espace à lui ?
Quelle place occupe t-il ?
L’animal a t-il des jouets ?
L’organisation de la famille est-elle modifiée ?
Qui décide du partage des rôles ?
La famille part- elle en vacances sans lui ?
Quelles sont les obligations de la famille ?
Y a-t-il des tensions dans la famille par rapport à l’animal ?
L’animal exerce t-il une influence sur les rapports familiaux ?
Quels sont les inconvénients ?
Que va t-il changer au sein de la famille ?
Quelles sont les contraintes ?
La famille a t-elle de nouvelles responsabilités ?
Quelles sont les obligations de la famille ?

La hiérarchie familiale est- elle respectée ?

L’irresponsabilité et les traumatismes de la famille

Par quoi est provoqué l’abandon ?
La famille est-elle à l’origine de l’abandon ?
Pourquoi la famille rejette t-elle l’animal ?
A qui la faute ?
La famille a t-elle eu conscience des changements occasionnés ?
Comment la famille perçoit- elle la mort de l’animal ?



A / Les motivations de la possession d’un animal sont multiples :

  1. L’amour des animaux, pour être en lien direct avec la nature.
  2. Un besoin de compagnie dans la recherche d’une sécurité et de bien être : l’animal familier reste un compagnon indulgent toujours prêt à recueillir les confidences, un ami fidèle au poste, source d’amour et d’affection. L’animal comme vecteur de communication est utile dans les relations. C’est un moyen d’entrer en contact avec l’autre.
  3. Une acquisition pour faire plaisir aux enfants comme élément ludique et divertissant.


B / L’animal influence l’homme aux différents stades de sa vie, tant sur le plan éducatif que psychologique ou médical.

C / Les animaux ont un rôle important auprès des familles, des enfants. La présence d’un animal familier est aussi bénéfique pour les adultes que pour les enfants. Elément structurant, il est source d’éducation et facilite la socialisation des plus jeunes. Dès son arrivée, la famille découvre la solidarité mutuelle. Relais affectif et médiateur, il est susceptible de diminuer les tensions familiales. Faire-valoir social à l’école, dans la rue, au gré des expositions animalières, il accompagne et représente la famille.

D / Nos concitoyens sont de plus en plus vigilants sur les problèmes de santé, de maltraitance, d’abandons, et plus largement sur la place de l’animal de compagnie dans notre société.

E / La possession d’un animal ne dépend pas du revenu.

F / La frontière entre l’animal et l’humain devient floue. Les urbains entretiennent des relations quasi familiales avec leurs animaux de compagnie. Les Français lui vouent un sentiment passionné.

G / L’introduction d’un animal au sein de la famille commence par une période de réflexion ; pourtant après son arrivée, il se peut que son influence soit diversement appréciée et c’est l’abandon.


 

Pour toutes ces hypothèses, j’ai réalisé une petite enquête de terrain lors d’une exposition féline, un week-end d’avril 2006 à .... Les juges ont apporté leur pierre à l’édifice en me consacrant une part de leur temps, pourtant précieux. La présence d’un journaliste local a renforcé mon idée de la place grandissante de l’animal dans notre société.
J’ai interviewé trois formes de familles différentes sur l’animal familier : un homme célibataire d’environ 30 ans, un couple marié avec ses deux enfants et un couple marié de personnes âgées.
Les élèves du lycée agricole de la ville de ... qui ont prêtés mains fortes à l’organisation matériels m’ont suggérés quelques réflexions.